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Jouir du monde sensible, sans être attaché au sensible, cueillir le lotus sans toucher l'eau, ainsi fait le sage qui repose à la racine des choses : tout en jouissant du sensible, il ne s'en rend pas esclave.
Regardez, écoutez, touchez, mangez, sentez, marchez, restez assis, levez-vous, mais renoncez au bavardage de la vie courante. Abandonnez la pensée, ne vous écartez pas de l'Un.
Là où ni pensée ni souffle ne circulent, là où ni soleil ni lune ne pénètrent, là même, mets ta conscience en repos. Fais un, ne fais pas deux. Dans la Connaissance ne fais pas de distinction... Dans la Béatitude suprême, ni soi ni autre !
Tout ce que l'on voit, devant, derrière, dans les dix directions, c'est la Réalité. Là où vole en éclats le sentiment du moi, ami, voici le corps du Spontané. Là où la pensée meurt... là réside la suprême et grande Béatitude. C'est la prise de conscience intime. Connais ta propre pensée d'une façon subtile, elle est comme l'eau se mêlant à l'eau.
Tout ce qui naît de la conscience a même nature qu'elle : les vagues sont-elles autres que l'eau ? Celui qui rend sa pensée sans pensée se réjouit de la suprême nature du Spontané.